Le coût futur de la gestion des déchets nucléaires français est évalué actuellement à 28,4 milliards d'euros mais il s'agit d'une estimation fragile et ce montant sera probablement amené à augmenter, estime la Cour des comptes dans un rapport publié mardi !
Une hausse des coûts de l'enfouissement profond de ces déchets radioactifs ou même du démantèlement des 58 réacteurs français en activité n'aurait cependant qu'un effet très relatif sur le coût total de production d'électricité nucléaire, a tempéré le premier président de la Cour, Didier Migaud, en présentant ce rapport sur la filière.
La production d'électricité nucléaire a pour particularité qu'une partie de ses coûts est reportée après la période de production elle-même, pour des montants importants et sur une période de temps longue, des décennies voire des siècles, a expliqué M. Migaud. Ces charges futures, dont une partie est provisionnée par les exploitants, sont par nature incertaines, en particulier concernant le stockage dans les sous-sols profonds des déchets radioactifs issus de la production d'électricité qui n'est encore qu'à l'état de projet (les déchets sont actuellement entreposés à titre provisoire chez les exploitants).
L'Agence nationale de la gestion des déchets radioactifs (Andra) a été chargée de calculer les coûts qu'entraînerait un stockage des déchets de haute et moyenne radioactivité à partir de 2025 et pour une durée d'au moins une centaine d'années. Ces déchets représentent seulement 3,3% du volume total de déchets nucléaires, soit 43.000 m3 sur plus de 1,3 million, mais plus de 99% de leur radioactivité totale.
Le devis s'élevait initialement à quelque 16 milliards d'euros mais avait ensuite été réévalué à 36 milliards par l'Andra. Un montant vivement contesté par les producteurs qui ont formulé une contre-proposition à 14,4 milliards, un chiffre étonnamment inférieur au premier devis de l'Andra, observent les sages de la rue Cambon. L'Andra devrait proposer un nouveau chiffrage en septembre prochain et l'estimation officielle doit faire l'objet d'un arrêté ministériel avant 2015 pour permettre le début des travaux du centre de stockage géologique, envisagé à Bure (Meuse), dans les délais prévus par la loi.
Même si le coût du projet de stockage passait effectivement à 36 milliards d'euros, le coût annuel de production d'électricité nucléaire augmenterait de seulement 200 millions, soit seulement 1% en euros par MWh, selon la Cour. Or le coût de production ne représente aujourd'hui que 40% du tarif réglementé payé par le consommateur final, a rappelé Didier Migaud. Le coût du démantèlement des centrales nucléaires en activité, c'est-à-dire les dépenses de démolition, est lui aussi très hypothétique.
EDF estime qu'il lui en coûtera l'équivalent de 18,4 milliards d'euros. Toutefois, la Cour n'est pas en mesure de valider ce montant (...) en l'absence d'expérience réelle et comparable de démantèlement dans l'histoire, indique le rapport, qui recommande des audits extérieurs pour confirmer cette évaluation. Même si les comparaisons internationales doivent être interprétées avec prudence en raison de paramètres extrêmement différents selon les pays, la Cour relève en effet que le devis d'EDF pour le démantèlement situe la France dans la fourchette basse par rapport à ses voisins.
Mais là encore, une éventuelle augmentation du devis n'aurait qu'un impact limité sur le coût de production: +5% dans l'hypothèse d'un coût de démantèlement doublé.
AFP
Vues : 33
Balises :
Commenter
Commentaire de chantal van den putte le 31 janvier 2012 à 18:15 je suis triste, combien de fois est ce que je n'entends pas: je me priverai quand tout le monde le fera, pourquoi devrais me "sacrifier" et pendant ce temps les autres consomment à coeur joie...et ce sont des écolos qui disent ça!!!
Commentaire de JF@ le 31 janvier 2012 à 16:53 Bienvenue dans
CREFRANCE
© 2013 Créé par CERVANTES.
Sponsorisé par
Vous devez être membre de CREFRANCE pour ajouter des commentaires !
Rejoindre CREFRANCE