Laissez-moi vous conter ce brin d'histoire locale en forme de légende par Philippe Gillot, directeur de la Maison de la Nature !
"Cette fleur fut décrite pour la première fois par un botaniste lyonnais, Jordan. Elle était relativement commune à cette époque puis, assez rapidement elle s'amenuisa au point qu'en 1885, un dernier article la mentionne. Plus aucune trace jusqu'en 1992, au terme d'une enquête menée par des naturalistes dans le Guillestrois. C'est alors que le curé de Risoul m'a confié : "Chaque année, au moment des communions, je trouve sur l'autel un joli bouquet de narcisses agrémenté de quelques tulipes, de celles que vous décrivez."
Il fallut attendre le printemps suivant pour avoir confirmation de la révélation. "J'y suis allé le 16 mai 1992. Une habitante de la commune m'a conduit dans une prairie de fauche qui, de mémoire d'homme, était naturelle et fauchée régulièrement. Des conditions favorables aux bulbes. Nous avons fait des prélèvements sur deux d'entre eux et le conservatoire botanique de Gap-Charance a procédé à une multiplication. L'opération fut renouvelée deux années plus tard sur cinq bulbes."
La Tulipe de Guillestre a trouvé dans le bassin de la haute-Durance un terroir à sa convenance. "Il est abrité et connaît des précipitations moyennes. En outre, elle a le pied montagnard et se trouve très à l'aise entre 1 000 et 1 500 m d'altitude ; parfois elle grimpe jusqu'à 2 000 m", précise Philippe Gillot.
Les botanistes poussent un ouf de soulagement après avoir craint le pire pour la Tulipe de Guillestre en voie d'extinction il y a une vingtaine d'années . Au moment où elle est réapparue après plus d'un siècle d'absence.
http://www.maisondelanature05.org/
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